Rêve de petit garçon

Quel garçon n’a pas rêvé de voler un jour à bord d’un avion de chasse ? Je me souviens que même des petites filles en rêvaient, à l’époque. Je crois que c’est à ça que ça sert, de grandir : en devenant adulte, on peut réaliser nos rêves d’enfants. Je ne suis pas devenu pilote de chasse, et je ne le regrette pas. En revanche, j’ai pu goûter aux sensations que ces avions procurent, en effectuant un vol de 30 minutes à bord de l’un d’eux. Difficile de décrire ces sensations : j’avais même presque renoncé à vous faire un compte-rendu sur le sujet. Mais j’ai raconté mon expérience à tous mes amis et mes collègues, il serait donc étrange que je ne les partage pas ici, sur ce blog qui est un peu mon jardin secret. Commençons par le cockpit, dans lequel on se glisse par le haut de manière un peu acrobatique. Le cockpit est étroit, plus que je ne l’imaginais d’après les photos. Pour autant, il n’est pas inconfortable. On a même le sentiment de faire corps avec l’avion, une fois que les techniciens vous ont fermement sanglé au siège. On regarde l’équipe technique s’activer pour préparer l’appareil, tout en écoutant les dernières mises en garde. Puis les gars ferment les verrières et on se retrouve soudain dans le silence. On déglutit. Le pilote fait déjà rouler l’appareil et l’approche du bout de la piste, après avoir obtenu l’autorisation de la tour. Quelques secondes à peine pour profiter de l’instant, puis c’est parti. Poussée des gaz au maximum. Si vous avez déjà volé sur un avion de ligne, c’est bien simple : ça n’a rien à voir. La sensation d’accélération est fulgurante et l’on est plaqué contre son siège par la vitesse. Le moment d’ après, on a déjà quitté le tarmac. Le pilote commence par un vol de découverte, à basse altitude, pour me laisser profiter du paysage. Le paysage qui défile à toute vitesse donne une sensation grisante de vitesse (nous volons à 400km/h). La verrière permet d’avoir un bon panorama devant et sur les côtés. C’est magnifique. Quelques minutes plus tard, on passe à la phase suivante : la voltige aérienne. Et là, ça se corse sérieusement. Dès le premier virage serré, mon torse et mes épaules se retrouvent plaqués sur mon siège. Comme une main géante qui essaierait de m’encastrer dans mon siège. Ce premier virage me sidère par la violence du choc. Mais ce n’était qu’une entrée en matière. On enchaîne par un tonneau qui me laisse pantelant. C’est tellement rapide que je n’ai pas eu le temps de crier. Et tellement violent qu’en fait, je n’ai pas pu crier, trop concentrer à essayer de garder mes organes à leur place. Puis les acrobaties s’enchaînent les unes après les autres, ne me laissant plus aucun instant de répit. Un looping, deux breaks. La poussée est maintenant sur tout mon organisme. 4G, par moments ! Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’aéronautique, cela signifie que mon corps pèse 4 fois son poids, soit plus ou moins 300 kgs ! Je me contracte autant que possible pour résister, je sens mon coeur marteler dans ma poitrine. C’est d’une violence inouie. Une décharge d’adrénaline, de peur et de bonheur à l’état pur. Un passage sur le dos où la terre devient le ciel, puis une série de figures dont je ne me souviens plus. Ce que je sais, en revanche, c’est que je ne distingue plus la terre du ciel tellement tout va vite ! Ca finit aussi brutalement que ça a démarré, et je récupère mon souffle. Je suis déshydraté comme une soupe lyophilisée avant ouverture. Presque tout l’eau de mon organisme est actuellement sur mon dos, qui dégouline à pleines gouttes. Je sens que je vais bien dormir ce soir. Dernier cadeau bonus auquel je ne m’attendais pas : le pilote m’invite à prendre les commandes. J’attrape le manche à balai et tire doucement dessus. Le jet réagit aussitôt. C’est prodigieux. Le pilote me propose alors d’effectuer un tonneau, et c’est avec un plaisir de gosse que je réalise ma première figure aérienne ! Voilà une activité que je peux retirer de la liste des choses à faire quand je serai grand. Quelle est la prochaine activité ? « Marcher sur la lune ». Eh bien, on n’est pas rendu. A lire sur le site internet de cette expérience de vol en L-39 à Reims.

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Published in:Uncategorized |on juin 13th, 2017 |

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